accords_de_Munich

 

 

 

 

Comment se fait-il que des reportages traitant de la même conférence ont des tonalité aussi différente (le premier est positif alors que le second est très négatif) ?

 

 

Pour comprendre il faut se replonger dans le contexte historique de chacun d'eux.

Il est très important de placer un document dans son contexte historique, je ne fais que vous le répéter...

 

Le premier est fait juste après la conférence, une période où on semble satisfait de l'accord obtenu alors que le second reportage est fait après la seconde guerre mondiale, avec donc le recul nécessaire pour analyser la conférence dans une perspective historique (on sait ce qui s'est passer après et on se dit que peut-être cela aurait pu être autrement si...).

 

Mais au fait, c'est quoi cette conférence ?

Hitler, invoquant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes (la région des Sudètes en Tchécoslovaquie est majoritairement peuplée d'Allemands), annonce qu'il annexera, quoi qu'il arrive la région des Sudètes, le 1er octobre 1938, sachant parfaitement que cela équivaut à une déclaration de guerre avec la France et le Royaume-Uni, alliés de la Tchécoslovaquie qui refuse cette annexion d'une partie de son territoire (je ne suis pas certain que vos parents seraient contents de voir le voisin s'approprier une partie de leur terrain...).

En Europe, tout le monde craint une nouvelle guerre !

 

A l'initiative de Mussolini (le dictateur italien), les Premiers ministres français (Daladier) et anglais (Chamberlain) sont invités à venir rencontrer Hitler à Munich pour trouver une solution pour éviter la guerre et éviter que la Tchécoslovaquie ne perde les Sudètes.

Comme les deux solutions semblent inconciliables, on craint vraiment la guerre. La France mobilise des troupes...

 

Comment se fait-il que l'Allemagne qui d'après le traité de Versailles (1919) n'avait pas le droit d'avoir une armée se retrouve en position de faire « peur » à la France et l'Angleterre ?

 

Je ne vais pas développer ce que vous trouverez dans les archives (janvier 2012 : la marche à la guerre), mais il faut se rappeler qu'en violation du traité de Versailles et sans réelle réaction des Français ou des Anglais (les plus puissants Etats d'Europe), Hitler a :

  • lancé dès 1933 le réarmement de l'Allemagne

  • remilitarisé la Rhénanie (une région frontalière avec la France où aucun militaire allemand ne devait être présent)

  • a obtenu au printemps 1938 l'union de l'Autriche avec l'Allemagne (ce qui était interdit par le traité de Versailles)

 



En septembre 1938, les Français et les Anglais semblent disposés à stopper militairement cette progression nazie en Europe !

20 ans après la fin de la Grande Guerre, voilà qu'il va falloir aller se battre à nouveau contre les Allemands ? Pour la Tchécoslovaquie ? Mais c'est où ça au fait ?

 

Dans ce contexte, on comprend mieux pourquoi à l'annonce après la conférence de Munich, qu'un accord avait été trouvé (mais les Tchèques n'étaient pas là) pour éviter la guerre, il y a eu un sentiment de soulagement.

N'oubliez pas que personne ne sait, en septembre 1938, ce qui va se passer dans les 6 ans qui vont suivre...

Ça explique le ton très positif, soulagé, du commentateur du premier reportage.

 

 

Avec le recul, on se rend compte qu'en annexant les Sudètes puis le reste de la République tchèque quelques mois plus tard (malgré ses promesses), Hitler grossit son équipement militaire (près de 400 chars) et du complexe industriel Skoda qui lui sera précieux pour entretenir son effort de guerre.

On peut aussi se dire que les Alliés auraient eu l'avantage de l'attaque tandis que l'armée allemande n'était pas encore prête...

 

Avec le recul des années et la connaissance des événements de la seconde guerre on se dit que les Alliés ont vraiment raté une occasion unique de stopper les Nazis.

D'où le ton très négatif du second reportage.

Ce sont peut-être mes mêmes qui ont défilé en France sur le trajet retour de Daladier pour l'acclamer comme un « sauveur » qui pensaient après guerre qu'il avait été lâche...

 

Au delà de l'évidente difficulté de prendre des décisions politiques, il faut vous souvenir que c'est votre esprit critique (vos analyses) qui doivent vous faire réagir à l'actualité présente. Que cela nécessite instruction, curiosité, réflexion...